Maxime Manifi Abouh (Université de Yaoundé 1 – ENS)

Ce séminaire porte sur la traduction et la terminologie vers des langues peu dotées, en prenant appui sur des contextes africains caractérisés par le plurilinguisme, l’asymétrie des ressources linguistiques et la coexistence de pratiques orales et écrites. Il aborde ces langues non comme des systèmes déficients, mais comme des espaces linguistiques en cours d’outillage, et invite à des choix traductifs et terminologiques particulièrement engageants. Le séminaire s’intéresse aux enjeux posés par la traduction de contenus culturellement et discursivement contextualisés (textes spécialisés, discours éducatifs, récits, proverbes, métaphores, expressions idiomatiques, etc.) vers des langues disposant de ressources lexicographiques, terminologiques et métalinguistiques limitées. Une attention particulière est accordée aux difficultés propres à la traduction entre langues culturellement éloignées, où les écarts de conceptualisation, les référents symboliques et les normes stylistiques imposent des opérations de reformulation, de reconceptualisation et parfois de création linguistique. Sur le plan terminologique, le séminaire examine les mécanismes de dénomination mobilisables dans le cadre de la traduction vers des langues peu dotées, notamment la néologie, le réemploi sémantique, l’emprunt, etc., ainsi que les conditions de leur acceptabilité sociale et de leur stabilisation. À partir d’études de cas issues de pratiques pédagogiques, de travaux de traduction et de recherches empiriques, le séminaire invite les étudiants à analyser les pratiques effectives du traducteur-terminologue et à réfléchir à la portée cognitive, sociale et culturelle des ressources produites dans des langues peu dotées

Leave a comment