Présentateur : Audrine Correa (Université Bordeaux-Montaigne)
Cette réflexion est extraite d’une thèse de doctorat en sciences du langage intitulée L’Alternance de code “français- wolof” dans le dessin de presse au Sénégal et interroge les dynamiques sociolinguistiques qui s’opèrent au Sénégal, à travers la caricature, comme forme d’information et de communication.
Dans une Afrique subsaharienne où il ne fait aucun doute que les paysages médiatiques et linguistiques subissent de profonds changements (Drescher, 2015, p.8), l’alternance codique et la mixité langagière, largement étudiées en sciences du langage, deviennent un sujet d’actualité avec la communication via les réseaux sociaux numériques et plus largement les médias de presse écrite. Consacrer un travail à l’alternance codique, dans ce contexte sociolinguistique caractérisé par le plurilinguisme permet d’éclairer la cohabitation des langues au Sénégal, les négociations inter-linguistiques, les variations, l’intelligibilité des codes ainsi que leurs implications en terme d’hégémonie, de contre-hégémonie, notamment entre le français et le wolof, dans un pays caractérisé par une francophilie mais ayant un attachement profond à la langue véhiculaire. Les résultats préliminaires des investigations permettent de comprendre que l’alternance de code et la mixité langagière, dans un contexte plurilinguistique et urbain comme celui du Sénégal est une forme d’interculturalité. Un argument pour contester la thèse de l’hégémonie à priori des langues issues de la domination coloniale face aux langues locales…

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