Présentateur : Abou Bakry Kébe (Université Gaston-Berger)

Ces dernières années, plusieurs pays francophones ont entrepris des réformes nationales visant à intégrer leur(s) langue(s) nationale(s) en tant que principal moyen d’enseignement dans l’éducation de base (Maurer, 2010). En ce qui concerne l’enseignement primaire, l’objectif de l’utilisation des langues nationales africaines (L1) est de faciliter l’acquisition des compétences fondamentales et progressivement faciliter l’apprentissage d’une langue de communication internationale (L2). L’idée sous-jacente est que la langue maternelle de l’élève joue un rôle crucial dans son développement cognitif et émotionnel, et l’introduction du bi-plurilinguisme à ce stade de l’apprentissage vise à réduire les taux d’échec scolaire.

Un pays comme le Sénégal, dans le but de généraliser l’enseignement bilingue dans toutes les écoles du pays à l’horizon 2027, s’est doté, en avril 2021, d’un Modèle Harmonisé d’Enseignement Bilingue (MOHEBS). Élaboré sur la base de l’évaluation des différentes expérimentations en matière de bilinguisme, « ce modèle vise à renforcer et à pérenniser l’introduction des langues nationales à l’école pour améliorer les compétences des élèves ».

Dans cette communication, nous chercherons à comprendre comment les acteurs (décideurs de la politique linguistique et éducative, inspecteurs de l’éducation, enseignants, parents et élèves eux-mêmes) négocient la transition vers l’enseignement des mathématiques en langue nationale.

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